On devrait détester Tearaway Unfolded. Il est mignon comme un album pour enfants de trois ans, sa caméra part parfois en vrille, et il a le culot de te regarder droit dans les yeux via la PS4 Camera. Pourtant, ce jeu m’a eu. En 2026, je le relance avec le même pincement au cœur qu’à sa sortie, et je recommence à découper des étoiles avec le pavé tactile de la DualShock 4.

J’avais déjà poncé le Tearaway original sur Vita. À l’époque, c’était une claque : un jeu où l’on glissait ses doigts derrière la console pour faire éclater le sol du monde, où l’on dessinait des couronnes pour les écureuils avec un stylet. Media Molecule n’avait pas fait un simple platformer, il avait offert un spectacle dont tu étais le marionnettiste. Quand Unfolded a débarqué sur PS4, j’ai eu peur. Peur du portage paresseux qui plaque des contrôles tactiles sur une manette sans réfléchir. J’avais tort, et c’est là que l’histoire devient intéressante.

Un portage qui transforme la DualShock 4 en feuille de papier

Unfolded n’est pas une vulgaire resucée upscalée. Le studio a réinventé chaque interaction en pensant la DualShock 4 comme un prolongement du monde en papier. Le pavé tactile devient ton plan de travail : tu découpes, tu tamponnes, tu colories. La barre lumineuse éclaire des créatures endormies. Le gyroscope oriente une lanterne ou incline une plate-forme. C’est malin, précis, et ça évite le piège des QTE dégueulasses qu’on voyait sur certains portages à l’époque.

La première fois que tu déplies littéralement le décor en glissant ton pouce sur le pavé, tu souris. La manette disparaît, tu ne penses plus qu’à ce qui se passe à l’écran. Ça, c’est du level design intégré. La seule ombre au tableau, c’est que certaines manipulations demandent une contorsion du pouce droit pas toujours confortable pendant les phases de plateforme soutenues. Le cerveau bugge un quart de seconde, et t’as déjà perdu un paquet de confettis en ratant un saut. Et quand on connaît la générosité du drop rate de confettis dans les coins, on enrage sec.

Pourtant, à chaque session, je trouve une idée que je n’avais jamais vue ailleurs. Le jeu te laisse créer des éléments qui persistent dans le monde : un flocon, un visage, une feuille d’arbre. Tu peux tomber sur tes propres créations une heure plus tard, et ça n’a l’air de rien, mais ça construit un attachement qui dépasse de loin le simple scoring. Peu de jeux te renvoient l’image de ton propre geste aussi frontalement.

La direction artistique te sauve du framerate poussif

Le framerate, parlons-en. Unfolded cible les 60 fps mais ne les tient pas toujours, surtout quand les confettis s’accumulent et que le monde se déplie en cascades. J’ai vu des chutes à moins de 30 fps sur PS4 de base, et ça pique. Mais c’est là que l’une de nos convictions refait surface : la direction artistique écrase la puissance graphique brute neuf fois sur dix. Ici, le jeu en est la preuve incarnée.

Tout est en papier Kraft, en carton ondulé, en nappe de goûter d’anniversaire. La lumière se diffuse comme à travers une feuille de calque. Les animations ne trichent pas : les personnages se plient, se déploient, ondulent. Le vent soulève des serpentins de crépon, et tu jurerais entendre le bruit du papier qu’on froisse. Il n’y a pas un pixel qui ne serve pas l’illusion artisanale. Même quand la cadence d’images dégringole, l’œil reste accroché à la texture, au pli, à l’ombre douce. Media Molecule a compris que le rendu Nintendo, ce n’est pas la puissance, c’est la lisibilité. Et franchement, quand tu cours sur un pont en rouleau de PQ géant, tu te fiches du compteur de frames.

Certains diront que la PS4 Pro ou la PS5 via rétrocompatibilité corrigent ces soucis. C’est vrai en partie, mais la version de base reste parfaitement jouable si tu n’es pas un ayatollah du 60 fps locké. On a vu des AAA bien plus moches avec un framerate stable. Ici, on pardonne parce que le spectacle est constant, et que le charme opère sans cynisme.

Ce moment où le jeu vous regarde (vraiment)

Il y a une pièce, dans le monde des marais pliés, où la PS4 Camera s’allume toute seule. Ton visage apparaît au milieu du soleil en papier crépon, les yeux qui clignent. Les créatures te regardent, elles te voient. Pas une cinématique, pas un menu, juste toi, en train de sourire bêtement. Ce moment ne dure pas. Vingt secondes, peut-être. Mais je l’ai vécu trois fois sur deux générations de consoles, et il ne s’use pas. C’est la promesse du jeu vidéo comme lien, pas comme distraction.

Le grind des confettis, ou comment j’ai passé des heures à décorer des cochons

Le platine de Tearaway Unfolded, je l’ai obtenu en 2021, après un retour au jeu motivé par le confinement et une envie de lumière. Laisse-moi te prévenir tout de suite : ce n’est pas un platine difficile au sens skill, mais c’est un platine de farm. Tu vas devoir récolter 10 000 confettis pour certaines créations, terminer tous les niveaux sans perdre une miette de collection, et surtout, créer un nombre imposé d’objets via le pavé tactile. Certains sont libres, d’autres imposés par des PNJ. Le jeu te demande de refaire des niveaux plusieurs fois si tu as loupé des confettis cachés dans des endroits retors, et croyez-moi, la caméra parfois capricieuse n’aide pas à explorer chaque millimètre.

Le vrai mur, c’est la quête dite « Coachons créatifs » : il faut attribuer un motif personnalisé à un paquet d’éléments du décor. Sur le papier, c’est rigolo. En pratique, tu passes des soirées à dessiner des zigouigouis sur le pavé tactile en cherchant l’inspiration. J’ai fini par faire une série de feuilles d’érable moches, juste pour remplir le quota. Le jeu te juge pas. Mais toi, si.

Le farming de confettis a ceci d’étrange qu’il n’est pas frustrant. On revient dans les niveaux comme on feuillette un album photo. On redécouvre des vignettes qu’on avait aimées, on s’amuse à déclencher toutes les interactions secondaires. C’est le genre de jeu où le post-game ne se résume pas à un compteur, mais à un dernier tour de manège. Et quand le trophée tombe, on a le sourire, pas le souffle coupé d’un rage quit.

Si tu cherches un guide pour optimiser la disposition des confettis par monde, on a regroupé nos meilleures astuces dans la section Guides & Astuces. Comme souvent dans nos tests, on préfère te donner les clés pour rusher sans te gâcher la surprise des tableaux.

Pourquoi je relance Tearaway Unfolded en 2026

J’ai 186 platines au compteur. Mon backlog Steam est une honte. Et pourtant, Tearaway Unfolded reste installé sur ma PS5 depuis le jour où j’ai récupéré la console. Pas par nostalgie bêta. Parce qu’aucun jeu ne m’a redonné cette sensation d’émerveillement artisanal depuis.

Les news récentes confirment que Media Molecule bosse encore sur un nouveau projet après la fin de Dreams, et les rumeurs vont bon train sur un retour à des expériences plus solos. Si tu suis l’actu du studio, tu sais que le studio n’a jamais abandonné cette obsession du joueur créateur. Tearaway Unfolded est une capsule temporelle de ce savoir-faire, avant même que Dreams n’explose les curseurs. Le rejouer aujourd’hui, c’est comprendre pourquoi la PS4 a eu besoin de jeux comme celui-ci pour ne pas se réduire à une enfilade de blockbusters génériques.

Certains me diront que la version Vita est meilleure, plus intime. Je ne leur donnerai pas tort. Le tactile arrière, la sensation de porter le monde dans ses paumes, c’est unique. Mais Unfolded a gagné en ampleur ce qu’il a perdu en intimité. Le monde inédit enneigé, les puzzles repensés, l’intégration du second écran avec le mobile : ça fait une expérience différente, pas une expérience inférieure. Si tu n’as jamais touché à Tearaway, la version PS4 est une porte d’entrée parfaite. Si tu as fait la Vita et que tu hésites, fonce, pour l’amour du papier.

Questions fréquentes

Est-ce que Tearaway Unfolded est un bon jeu pour initier un enfant au jeu vidéo ?

Absolument, à condition que l’enfant soit à l’aise avec une manette classique. Les commandes tactiles sont simples, le ton est doux, et les échecs sont rarement punitifs. Le jeu ne demande pas de reflexes de speedrunner, et la création manuelle occupe bien les sessions calmes.

Le jeu utilise-t-il la PS5 via rétrocompatibilité ?

Oui, Tearaway Unfolded tourne sur PS5 en rétrocompatibilité, avec des temps de chargement réduits et un framerate plus stable que sur PS4 de base. La caméra PS4 reste optionnelle, mais le jeu est parfaitement jouable sans.

Faut-il la caméra PS4 pour en profiter ?

Non, tu peux désactiver les fonctionnalités caméra dans les options. Tu rates les courts instants où ton visage apparaît dans le monde, mais l’expérience de jeu reste complète à 95 %. Rien de bloquant.

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