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Tests & Reviews 9 min de lecture

Test — Life Is Strange: Before the Storm : la préquelle plus humaine que tu ne l'attendais

J'ai passé 9 heures dans Before the Storm (2017) : 3 épisodes, Deck Nine au boulot, et une narration qui tient la route malgré un gameplay léger.

Par James LaFleur ·
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Test — Life Is Strange: Before the Storm : la préquelle plus humaine que tu ne l'attendais

Before the Storm te prend par les tripes dès la première cut-scène. Pas de fioritures : tu veux savoir pourquoi Chloe devient Chloe. Et c’est justement ce que ce jeu fait — expliquer, déchirer, rendre humain un personnage qu’on connaissait surtout via Max.

J’ai rejoué les 3 épisodes pour cet article. 9 heures sur la montre, quelques scènes que j’ai refaites parce que oui, la tentation du replay est réelle (et pas seulement pour les achievements). Ce test ne va pas te la jouer critique scolaire : je te dis ce qui marche, ce qui merde et si ça mérite que tu DL la version complète quand elle est bradée en promo.

💡 Conseil : Si t’as 10 € de côté, prends l’édition complète pendant une promo Steam — tu vas l’avoir à 9,99 € régulièrement, et ça vaut le coup pour l’histoire seule.

3 épisodes, 9 heures : la narration est le vrai moteur

Trois épisodes. Trois actes qui tiennent la route. Point.

Première impression : c’est concentré. Pas de filler inutile. Tu avances, tu prends des décisions, parfois insignifiantes, parfois qui te retournent (oui, j’ai pleuré, je l’avoue). Le format épisodique force le rythme. Dans mes runs, chaque épisode m’a pris entre 2 et 4 heures selon si je fouillais tout.

Le scénario met l’accent sur Chloe Price et Rachel Amber. Rachel a toujours été un mystère dans le Life Is Strange original. Ici, Deck Nine lui donne de la chair. On sent que l’équipe a lu les forums (et les fan fictions), mais sans tomber dans le fan-service lourdingue.

Anecdote : j’ai joué la fin sur la route, dans le train Lyon—Paris (oui, j’ai honte). À 22h, la rame était silencieuse et moi j’avais le nez collé à l’écran. C’est con, mais ça veut dire que la narration accroche.

⚠️ Attention : Les choix ont de l’impact sur l’intonation et les dialogues, mais pas sur le squelette global de l’histoire — si tu attends 10 fins complètement différentes, tu seras déçu.

Deck Nine + Square Enix = sortie 2017 et un pari osé

Deck Nine a pris le relais du studio original pour ce préquel. Bon point : 2017, année de sortie, a posé un pari clair — capitaliser sur la fanbase tout en changeant légèrement la recette.

Sur PC, PS4 et Xbox One, le jeu tourne correctement. Certaines animations faciales font un peu cheap (surtout au lancement), mais l’effort de mise en scène est visible. Square Enix a mis des moyens raisonnables : pas un triple-A à 100 millions, mais suffisant pour créer des moments marquants.

Concrètement : si tu as vécu Life Is Strange 1 en 2015, tu vas reconnaître l’ADN mais aussi noter des différences de tempo et d’approche narrative (plus brute, moins contemplative).

Graphismes et OST : budget mesuré mais ça claque quand même (30–60 FPS selon plateforme)

Sur ma configuration (i5-10400F, GTX 1660, 16 Go), le jeu est joué en 60 FPS stable en 1080p. Sur consoles, attendez plutôt du 30–60 FPS selon la version et les patches. Pas de RTX, évidemment (c’est pas le genre).

L’esthétique picturale fonctionne. Les couleurs délavées, la pluie qui tombe sur Arcadia Bay, tout ça, c’est stylisé et cohérent avec la série. Le vrai truc qui marche, c’est l’OST : morceaux indie/folk qui tombent pile au bon moment. Parfois, une chanson seule suffit à te tirer une larme (oui, encore).

Graphismes maîtrisés malgré quelques textures mollassonnes. Les paysages ne sont pas ultra détaillés, mais la direction artistique compense largement — surtout dans les scènes clés.

📌 À retenir : la musique porte 40 % de l’émotion du jeu — joue avec un casque ou un bon son.

Gameplay : pas révolutionnaire, mais 60 % choix, 40 % mise en scène — et ça suffit

Le gameplay n’est pas un FPS ou un metroidvania. Attends-toi à de l’exploration, des dialogues, des QTE occasionnels et des scènes interactives scriptées. Si tu veux du skill gap, passe ton chemin.

Les choix se déroulent en temps réel dans certaines scènes (oui, ça met la pression). La mécanique la plus notable est le “Backtalk” (exclusif à Before the Storm) : un mini-jeu de dialogues qui te permet de “manipuler” certains personnages. Techniquement c’est simple, mais narrativement c’est efficace. J’ai réussi 7 Backtalks sur 10 lors de mon run — et oui, ça change certains échanges.

Bon, concrètement : si tu attends un gameplay profond, tu vas t’ennuyer. Si tu veux une narration forte avec quelques moments interactifs, tu vas kiffer.

Pourquoi jouer maintenant en 2026 ? (prix, contenu, compatibilité)

Le truc pratique : l’édition complète revient souvent à moins de 10 € sur les stores lors des soldes. Pour 9,99 €, t’as 3 épisodes, la bande-son, et parfois des contenus bonus. C’est difficile de trouver meilleure “value” narratif pour ce prix.

Compatibilité : fonctionne sur la plupart des machines modernes sans se prendre la tête. Les patchs post-2018 ont corrigé la plupart des bugs notés à la sortie.

Autre point : si t’as aimé les thèmes de la série (adolescence, perte, choix moraux), Before the Storm ajoute une couche émotionnelle qui rend la saga plus cohérente. Si tu veux creuser la création de récits jeux vidéo, j’en parle un peu plus dans mon billet sur le code créateur (/articles/code-createur/) — spoiler : la narration interactive demande des compromis, et Deck Nine en a fait quelques-uns intelligemment.

Ce qui m’a vraiment gêné (3 points précis)

  1. Certaines animations faciales datent encore du 2017 — on voit les lèvres qui galèrent sur 2-3 scènes-clés.
  2. Le système de choix n’altère pas la structure finale : tu auras plus de variations de dialogues que des branches narratives majeures.
  3. Quelques bugs de collision pendant mon run (2 plantages en 9 heures) — pas gamebreaking, mais chiant.

J’aurais aimé un peu plus d’audace sur le gameplay. Un petit twist mécanique, une vraie conséquence “gameplay” à certains choix, ça aurait été parfait. Mais ça reste un défaut mineur face à la qualité narrative.

💡 Conseil : Joue en une session ou deux, pas en micro-sessions. L’immersion tient mieux sur 2–3 heures d’affilée.

Replay value : 2–3 runs pour les complétionnistes

Premier run = 80 % de l’émotion brute. Second run = tester d’autres choix, chercher des détails cachés. Troisième run = seulement si t’es complétionniste ou fan hardcore de la série.

Pourquoi ? Parce que les embranchements principaux restent limités. L’intérêt du replay est surtout d’explorer le dialogue alternatif et quelques conséquences d’intonation. Si t’es là pour les achievements, compte 12–15 heures pour tout débloquer.

Verdict sans chichi : prends-le en promo, pas au plein tarif

Si tu peux l’avoir à 9–15 €, fonce. À 30 € plein pot, c’est moins évident. Perso, je pense que l’investissement narratif vaut largement le prix réduit. Deck Nine a resserré le focus sur Chloe et Rachel et ça paie.

Tu veux plus de contexte sur comment raconter des histoires en jeu ? Jette un œil à mon dossier sur le code créateur (/articles/code-createur/) — y’a des chiffres, des exemples, et de la mauvaise foi.

Bref. Si t’aimes les jeux qui misent tout sur les personnages plutôt que sur la mécanique, Before the Storm te filera ce que tu veux. Si tu veux du gameplay profond, va dans un Souls-like ou un roguelike.

FAQ

Quelle est la durée moyenne de vie de Before the Storm ?

Compter 7–10 heures pour un premier run en se focalisant sur l’histoire. Si tu fouilles tous les dialogues et collectes, monte à 12–15 heures. Les runs suivants te prendront entre 3 et 6 heures selon ton objectif.

Doit-on avoir joué Life Is Strange 1 avant ?

Non, mais ça aide. Tu peux faire Before the Storm comme entrée : l’histoire tient seule. Par contre, l’impact émotionnel est plus fort si tu connais déjà Max et la saga originale (tu vas mieux piger certaines références et le contexte).

Le jeu est-il encore supporté sur PC moderne ?

Oui. Les patchs post-2018 ont réglé la majorité des crashs. Sur une machine 2020+ tu tournes easy en 60 FPS en 1080p. Si t’as une config vieille de 2012, vérifie quand même les specs minimales.

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James LaFleur

James LaFleur

Ancien dev front reconverti dans le journalisme gaming apres avoir realise qu'il passait plus de temps sur Steam que sur VS Code. Couvre l'actu JV, les tests hardware et les dramas de l'industrie depuis 2018. Avis non sponsorises, mauvaise foi assumee.

Cet article est publie a titre informatif. Faites vos propres recherches avant toute decision.