Posté le 20 novembre 2013 Par Dans PlayStation 3, Tests

[Test] [PS3] Batman Arkham Origins

Le Chevalier Noir revient pour un troisième épisode de la licence Batman Arkham, en prenant le risque de se dérouler avant les 2 précédents et en ajoutant un mode multijoueur. Essai réussi ?

Crédits

  • Plateforme : PS3 (support du test), Xbox360, Wii U, PC
  • Date de sortie : 25/10/2013
  • Développeur : Warner Bros. Games Montréal
  • Editeur : Warner Bros. Games
  • Type de jeu : Action aventure
  • Nb de joueurs : 1 (8 en multijoueur)
  • Online : Oui
  • PEGI : 16
  • Périphériques : aucun

Menus & Modes de jeu

Commençons par le solo. L’histoire se déroule bien avant les faits d’Arkham Asylum et City, alors que Bruce Wayne en est à ses débuts de justicier masqué. C’est d’ailleurs durant cet épisode qu’il fera la connaissance de certains vilains.

Sa réputation est loin d’être faite, on parle de lui comme d’une légende urbaine, et la police le considère au même titre que les malfrats. Black Mask, qui règne sur la pègre locale, met sa tête à prix et engage une série de tueurs qu’il met ses trousses.

L’histoire est bien amenée, avec quelques rebondissements, sans pour autant surprendre vraiment. Batman est déjà bien agile et bien équipé en gadgets, mais il est encore jeune et manque de maturité et de sagesse dans certaines situations. Heureusement, Alfred est là pour vous tempérer.

Bref, l’histoire est plutôt agréable et intéressante à jouer. Le truc, c’est qu’elle se déroule dans la ville d’Arkham… oui, Arkham City. Alors certes, la situation n’est pas la même que dans Batman Arkham City, et les bâtiments pas dans le même état, mais on a quand même dès le début du jeu l’impression de rejouer au précédent jeu…

Pendant le jeu, vous avez la possibilité de vous rendre dans la Batcave et d’accéder à des défis combats, prédateurs, des campagnes, bref du classique de la licence à présent, ainsi que des défis d’entrainement histoire de se familiariser avec des gadgets et compétences fraichement acquis.

Outre l’histoire principale, le jeu propose de nombreuses quêtes annexes, comme la traque de vilains, les fameux collectibles d’Engima, des enquêtes à mener etc.

Une fois le jeu terminé, vous avez la possibilité de jouer une nouvelle partie +. Une fois cette nouvelle partie + terminée, un mode Je suis la nuit se débloque. Il s’agit à nouveau d’une nouvelle partie +, à la différence que mourir entraine la fin de la partie. Heureusement, il est possible de limiter les risques en copiant la sauvegarde ou en redémarrant volontairement à un checkpoint en cas de difficulté.

La grosse nouveauté de ce troisième opus, c’est l’introduction d’un mode multijoueur. Et on peut en effet parler d’introduction timide puisqu’il n’y a qu’un seul mode de jeu et 4 petites maps.

L’intérêt et l’originalité de ce mode multi, c’est son gameplay asynchrone. En effet, il y a 3 groupes de joueurs, dont 2 de 3 sbires du Joker et de Bane pour du TPS (tir à la troisième personne) classique, face à 2 héros, Batman et Robin.

Sur le papier, c’est plutôt intéressant, et lors des premières parties, c’est effectivement trippant de voir qu’en se focalisant sur les ennemis au sol on a vite fait de se faire éliminer par l’homme-chauve-souris, mais qu’en cherchant à le repérer dans les airs, les gars d’en face ne vous feront pas de cadeaux.

Le hic, c’est que ce mode multijoueur est ultra bugué, et que les bugs gâchent très grandement l’expérience et le plaisir :

  • Pas de son des micros ! Impossible de communiquer avec les autres joueurs à moins de passer par un outil tiers comme Skype.
  • Des problèmes de connexion : allant de l’impossibilité de lancer le mode multijoueur (obligé de redémarrer la console) aux déconnexions en pleines parties, en passant par le freeze du jeu au lancement d’une partie.
  • Des pertes de progression : souvent liées aux problèmes de connexion, il arrive de voir retomber à zéro l’xp et le niveau d’une faction.

Déjà que l’on peut être agacé par l’ajout d’un mode multijoueur qui semble surtout répondre à la tendance actuelle, il est tout juste inadmissible d’avoir autant de problèmes à la sortie du jeu, et toujours pas de patch correctif ni même de rapport assumant les bugs après 1 mois d’exploitation.

Le solo n’est pas en reste avec des chutes infinies dans le vide, des baisses de framerate importantes (un patch est semble-t-il en cours pour ce dernier point) et des bugs d’affichage d’ennemis ou de collectibles.

Commandes & Jouabilité

Sur le papier, outre des nouveaux gadgets, pas de gros changement dans le gameplay qui a déjà fait ses preuves à 2 reprises. Quelques modifications d’affectation des touches perturberont toutefois, et le système de validation des coups et contres en combats semblent avoir quelque peu changé, car les combats sont plus difficiles à gérer (impression personnelle confirmée par d’autres joueurs).

Mais le principe est le même, vous frappez () au moment où Batman doit aller frapper, ou contrez () lorsque vous êtes sur le point de vous faire frapper. Celui qui joue en matraquant frénétiquement n’arrivera pas à grand-chose. Tout est question de rythme et d’observation.

A cela vienne s’ajouter des gadgets et des techniques spéciales qui s’acquièrent en gagnant de l’xp ou en affrontant certains vilains.

Globalement, on retrouve vite nos marques avec les gadgets, qui sont soient ceux que l’on connait des précédents jeux, avec des améliorations comme par exemple la bat-griffe qui peut accrocher 2 objets/ennemis et les rapprocher, des substituts comme la bombe collante qui remplacera dans certaines occasions la bombe cryogénique, ou des nouveaux joujoux comme les gants électriques, utiles pour désactiver des systèmes mais aussi et surtout pour frapper plus fort les ennemis. La tyrolienne « évolue » également et ne peut se lancer qu’entre 2 points prévus à cet effet.

Le panel de coups est le même que dans Batman Arkham City. En revanche, en face, de nouveaux ennemis font leur apparition, comme des ninjas qu’il faut contrer plusieurs fois en une attaque ou des sbires avec du venin pour devenir grand et fort comme papa Bane.

Les combats contre les boss se déroulent plus comme les combats contre les sbires, il faut gérer les coups et les contres au bon moment. Certains vilains un peu particuliers demanderont toutefois des approchent différentes, assez originales parfois, sans pour autant atteindre le niveau de tension de l’affrontement contre Mr Freeze dans l’épisode précédent.

Des missions d’enquête sont présentes, et s’opèrent comme avant avec la vision détective qui met en évidence les objets avec lesquels interagir et les silhouettes des ennemis, avec toujours ce principe de scanner des preuves. Sauf que maintenant il est possible de visionner holographiquement un scénario de l’évènement passé. Le fait de pouvoir simuler les faits avant le drame permet de mettre en évidence d’autres preuves et d’avancer dans l’enquête. C’est sympathique mais un peu répétitif sur la durée.

Vous aurez également à récupérer des objets dissimulés partout dans le jeu par notre cher Enigma. Au nombre de 200, ces collectibles ne sont pas trop difficiles à récupérer, car il est possible de les faire apparaitre sur la carte et de placer un marqueur dessus, et aussi parce que les puzzles pour débloquer ces objets sont maintenant assez classiques. C’est amusant au début, mais rapidement lassant. Enfin au début, au début de notre quête de collectibles, mais il est préférable de se garder cet objectif pour la fin, une fois toutes les améliorations débloquées car elles seront souvent nécessaires.

On retrouve également des épreuves de vol en réalité augmentée, heureusement plus faciles que dans Batman Arkham City.

La nouveauté en terme d’objectifs, ce sont les 4 titres de Justicier, composés de 15 rangs chacun, soit 60 objectifs à réaliser durant le jeu (ça ne fonctionne pas durant les défis combat/prédateur).

Pour les 15 objectifs liés aux enquêtes, c’est relativement facile. Pour les 15 liés aux vols planés et combats de rue, ça va également. Là où ça se corse, c’est pour les 15 objectifs liés aux combats, tout particulièrement le dernier rang qui équivaut au trophée Chevalier Parfait des opus précédents, à savoir réaliser un combat sans se faire toucher, avec un combo d’au moins 50 et 15 variations de coups, le tout sur un groupe d’ennemis de menace moyenne.

Les 15 objectifs liés aux passages prédateurs ne sont pas en reste, car si vous ne vous y intéressez pas rapidement dans le jeu, les zones prédateurs ne vous donneront pas toujours la possibilité d’accomplir les objectifs qui sont à réaliser dans l’ordre et il vous faudra certainement attendre la nouvelle partie + pour atteindre le rang 15.

Rien de bien neuf du côté des défis combats et prédateurs et des campagnes, si ce n’est que les combats sont un peu plus difficiles à gérer, sans trop savoir expliquer pourquoi.

On apprécie la possibilité d’aller rapidement d’un point à un autre de la carte grâce à la Batwing et des points de voyage rapide à débloquer, cela éviter de planer des heures durant entre les buildings, car la carte est relativement grande.

Côté multi, jouer Batman ou Robin ne sera pas trop déroutant, puisque les commandes et les possibilités sont globalement les mêmes. A la différence avec le solo que les ennemis armés sont des joueurs humains et que leurs munitions vous laisseront peu chances de vous en sortir, il faudra donc jouer la carte de la furtivité.

Votre objectif est simple, éliminer le plus d’ennemis possible, en variant les techniques si possible. Vous pouvez également ralentir les sbires dans leur capture de zone en les brouillant.

Côté sbire, que vous soyez affilié à Bane ou au Joker, votre objectif est le même : capturer un maximum de zones et éliminer un maximum de sbires adverses, de manière à faire tomber le nombre de réapparitions de 25 à 0 et d’éliminer complètement l’équipe. Si le score des héros monte trop, éliminez ces derniers pour faire redescendre leur jauge et les empêcher ainsi de gagner. Tuer Batman ou Robin alors que vous n’avez plus de point de réapparition et qu’un coéquipier est éliminé permet également de le faire revenir en jeu.

A noter que les commandes sont assez déroutantes, car frapper, courir et activer le mode détective (très limité dans le temps contrairement aux héros) ne se fait pas avec les mêmes touches !

Vous possédez une arme principale et une secondaire ainsi que des grenades. Les munitions supplémentaires sont à récupérer dans des coffres.

Les déplacements ne sont pas très fluides, surtout pour tourner, et l’on se sent un peu pato.

Lorsque le seuil de réapparition est bas, il est possible d’incarner Bane ou le Joker en personne. C’est au premier sbire qui arrivera devant une porte d’avoir ce privilège. Bane et le Joker sont plus puissants et plus résistants, et peuvent vraiment faire basculer le cours du jeu. Le hic, c’est que ça ne permet pas d’équilibrer le jeu, mais plutôt de le déséquilibrer, d’autant que même si une des deux équipes de sbires est largement en passe de gagner, elle a tout de même accès à cette porte.

Une fois Bane de sortie, Batman et Robin peuvent oublier d’essayer de le mettre à terre tant il est résistant, ils risquent seulement de voir baisser leur jauge de victoire.

Peu importe l’équipe que l’on incarne (et qui est déterminée aléatoirement ou presque), on gagne de l’xp à la fin de la partie, donnant accès à de nouvelles armes et de nouveaux équipements (ou de nouveaux costumes pour les héros). Certaines parties d’équipement ont des bonus, et les armes à débloquer sont plus puissantes, il est donc avantageux de prendre de l’xp et de monter en niveau.

Le multijoueur a du potentiel, et a le mérite d’être original, mais la réalisation n’est pas à la hauteur et les bugs sont trop nombreux pour pouvoir l’apprécier pleinement.

En plus de cela, l’interface n’est pas du tout ergonomique : obligation de quitter le salon pour modifier son équipement ou acheter des bonus, le vote de la carte se déroule dans un sous-menu que les nouveaux risquent d’ignorer, il est impossible de changer de faction de sbire dans un salon, même en passant par le camp des héros vous reviendrez forcément au camp sbire précédent à la partie suivante.

Impossible aussi du même coup de créer des équipes d’amis en parties publiques. Vous pouvez jouer avec, mais pas forcément ensemble.

Graphisme & Animation

D’un point de vue qualité, il n’y a pas franchement de différence avec Batman Arkham City. Le jeu n’est pas plus beau, et même on note certains contours et certaines textures d’ennemis moins travaillées.

L’ensemble reste beau et très agréable à regarder, même si on a tendance à jouer très souvent avec la vision détective, qui fait mettre de côté l’appréciation des décors.

Au niveau des décors justement, il n’y a pas vraiment de surprise, puisque le jeu se déroule au même endroit que Batman Arkham City. Certes la ville est en meilleur état, mais il n’empêche qu’on reconnait facilement les quartiers et qu’à aucun moment dans le jeu on est surpris par l’environnement, pas même dans les bâtiments inédits.

Le sentiment de jouer en terrain connu n’est pas désagréable pour autant, mais on aurait apprécié un peu de nouveauté.

Il y a tout de même une bonne surprise grâce à une mission annexe.

Bref, c’est du Batman Arkham, mais après tout si c’est bon comme ça…

En multi, c’est nettement moins joli, plus sombre, plus crade, clairement moins bien quoi.

Bande son

La musique est très en retrait et c’est dommage car au générique elle pète bien.

Les dialogues, y compris ceux des sbires qui discutent sur les toits sont toujours aussi plaisant (« Au lieu de bosser ici au froid je devrai être au pieu devant la télé chez moi avec un bon sandwich, une bière et ma meuf »), et l’on apprécie de retrouver les voix des personnages, y compris Quincy Sharp dans le générique de fin.

Le seul hic, c’est la voix du Joker qui n’est plus interprété par Pierre Hatet (Doc dans Retour vers le Futur), et même si Stéphane Ronchewski s’en sort bien avec une bonne voix de cinglé, on a du mal à se faire au changement, que le fait que le jeu se déroule bien avant ne justifie en rien.

Et pendant qu’on est dans le recensement de bug, il est très fréquent que le son se coupe durant une cinématique de voyage rapide à bord de la Batwing.

Durée de vie

Comme souvent, la durée de vie dépend fortement de la façon de jouer. En faisant le solo sans se soucier des quêtes secondaires, il doit pouvoir se finir en une dizaine d’heures. Mais en s’attardant sur toutes les missions annexes, les collectibles, les défis, sans même parler du mode multijoueur, on approche plus facilement les 20 heures.

Il faut garder en tête que le jeu propose une nouvelle partie +, le mode Je suis la nuit et le multijoueur donc.

Trophées

Comme on pouvait s’y attendre, qui dit multijoueur dit trophées multijoueur. Batman Arkham Origins ne fait pas les choses à moitié, avec 11 trophées en ligne, dont certains si vous n’avez pas la possibilité de les faire en sessions privées avec des amis, risquent de bien vous prendre le chou, sans parler des pertes de connexion et de niveau.

Côté solo, pas de grosse surprise sur les objectifs : finir le jeu (3 fois, dont nouvelle partie + et Je suis la Nuit), compléter toutes les missions secondaires, les collectibles, les défis combat et prédateur etc.

Comme si ça ne suffisait pas, battre Deathstroke et Shiva sans se faire toucher pourra poser problème aux moins aguerris, comme obtenir le rang 15 de Justicier de l’Ombre avec notamment le combat parfait.

Le platine de Batman Arkham Origins n’est pas un platine impossible, mais qui demande du temps et des compétences malgré tout.

La bonne nouvelle pour l’instant, c’est que le DLC Deathstroke n’apporte pas de trophées supplémentaires. Nous ne sommes pas à l’abri d’avoir des DLC à trophées (multi) par la suite, mais pour l’instant ce n’est pas le cas.

Pour ceux qui veulent s’y essayer, voici un guide des trophées.

Trailer Officiel

Verdict

Bien que Batman Arkham Origins reprenne le même environnement et globalement le même déroulement que son ainé, sans grande nouveauté donc, il parvient à maintenir un niveau d’intérêt et de plaisir élevé. Le jeu est bon, plaisant, et mériterait même un bon 17/20, voire un 18, s’il n’avait pas autant de bugs qui attendent à l’heure de la publication du test toujours des annonces de correctif.

Le solo est entaché par des baisses de framerate qui cassent un peu l’immersion, et les objectifs sont à la longue un peu pénibles (pourquoi tant de collectibles et défis ?), mais surtout le mode multijoueur, dont on n’avait finalement pas besoin, ne parvient pas à convaincre malgré une idée originale, car pas du tout finalisé.

Déjà que l’annonce d’un mode multijoueur dans une licence solo qui a fait ses preuves est toujours reçue avec des levées de boucliers, proposer une version aussi peu aboutie est limite insultant pour les fans.

Les :

  • Toujours aussi bon d’incarner Batman
  • Du contenu riche et varié
  • Des nouveaux gadgets
  • Les débuts de Batman et des vilains

Les :

  • Trop de bugs
  • Un mode multijoueur inachevé
  • Trop d’objectifs, fatiguant sur la durée (finir 3 fois le jeu notamment)
  • les combats avec un je ne sais quoi qui les rend plus difficile à gérer
  • La voix du Joker
  • La tête d’Alfred

Suggestion

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