Posté le 29 octobre 2013 Par Dans 100%

[Complétion] Platine n°72 : Beyond Two Souls

Heavy Rain fait sans conteste partie de mes plus belles expériences vidéoludiques de ces dernières années. J’étais donc très impatient de découvrir Beyond Two Souls. Le platine est tombé, l’engouement aussi.

Attention, contrairement à mon test, comme je parle de mon expérience du jeu, je vais fatalement spoiler certains passages.

Pour rappel, j’avais tellement accroché à Heavy Rain que je n’ai pas pu m’arrêter, j’avais fait le jeu d’une traite durant une nuit. Une vraie claque émotionnelle, un concept original, un must-have.

Depuis quelques temps, on entendait parler de Beyond Two Souls, le nouveau projet de David Cage, qui s’annonçait plus ou moins dans la même veine tout en essayant d’être différent et d’innover, et de pousser encore plus le jeu vers un film interactif.

Très enthousiaste, j’ai tenté tant bien que mal de ne rien me faire spoiler du jeu avant sa sortie. Malgré tout, j’ai entraperçu quelques trailers et le thème est venu à mes yeux lors de lectures de sites internet. Pour m’achever, l’Avant-première au Grand Rex m’a bien spoilé la tronche, sans pour autant entacher mon envie, bien au contraire.

Je me suis mis en tête de faire le jeu d’une seule traite, à l’instar d’Heavy Rain. Vendredi soir il y a 2 semaines, j’ai donc attaqué le jeu vers 22h30. Bien évidemment, je n’ai regardé aucun trophée avant ma première partie, sachant qu’ils concernent tous des orientations et des choix dans le jeu.

Je n’ai pas été surpris par le thème ni le fait que les chapitres se présentent dans le désordre chronologique puisque David Cage en avait parlé lors de la soirée. Je n’ai pas non plus été surpris par le gameplay puisque j’avais testé la démo.

D’ailleurs ce gameplay, je l’ai trouvé moins intuitif et surtout moins immersif que pour Heavy Rain :

  • lors des phases d’action/combat, alors qu’il faut bouger le stick droit dans la direction que prend Jodie, l’héroïne, j’ai chaque fois tendance à aller vers l’arrière quand elle met ses avant-bras à la verticale comme pour se protéger, alors qu’il faut aller vers l’avant (vers son opposant). Bien que le jeu ralentisse au moment de l’action, la lecture de celle-ci n’est pas toujours claire et se tromper est frustrant, mais heureusement, et malheureusement à la fois sans vraiment d’incidence sur la suite des évènements. L’absence de game over est à l’origine de cette situation et de cette sensation désagréable que quoique l’on fasse, le jeu avance toujours dans la même direction.
  • les touches à appuyer ne sont pas trop en accord avec l’action à réaliser, seuls quelques rares mouvements de la manette ont un semblant de similitude avec un geste réel, mais c’est beaucoup moins fréquent et réussi que dans Heavy Rain.

Au fur et à mesure que l’on avance dans le jeu, on comprend pourquoi certaines scènes plus anciennes sont présentées plus tard dans le jeu, histoire d’alimenter le suspense et les révélations. Mais pour plusieurs autres scènes, on se demande vraiment pourquoi un tel découpage, et cela donne plus souvent une histoire décousue qu’une intrigue intense. Bien que chaque chapitre joué apparaisse au chargement sur une ligne de vie, on a parfois du mal à recoller les morceaux du puzzle de manière évidente.

J’aime pouvoir choisir les réponses de certains dialogues, mais je n’ai pas l’impression que cela change grand-chose au final.

Malgré tout cela, je continue de jouer, le jeu n’est pas désagréable, les graphismes sont bluffant, je suis épaté par certaines textures et les visages.

Je suis en revanche moins touché par Jodie et l’entité spectrale qui la suit que par Ethan et l’enlèvement de son fils. Sans doute que mon côté cartésien y est pour quelque chose, pourtant je reste ouvert d’esprit et j’apprécie les films traitant le sujet. Non, il y a autre chose, qui fait que j’ai du mal à accrocher totalement… mais je ne sais pas expliquer quoi.

Certains passages qui trainent en longueur et n’apportent vraiment pas grand-chose à l’histoire manquent de peu d’avoir raison de moi et la fatigue me gagne. La scène dans l’appartement où je dois faire le ménage et la cuisine m’attire vers les bras de Morphée. Pourtant dans Heavy Rain, j’avais apprécié faire faire ses devoirs et faire à manger à mon fils… Je fais une pause vers 2h du matin le temps d’un pipi et d’un verre d’eau, et une seconde vers 4h pour 2 tartines de Nutella, mais surtout pour reprendre un peu de force et me réveiller.

Finalement, j’arrive au générique de fin un peu avant 8h30. Un peu moins de 10h pour terminer le jeu, et bien que moins emballé, je reste touché et ému par le dernier chapitre, mais avec une sensation bizarre, un brin de déception.

Plus tard dans la journée, j’ai regardé les trophées. Il y en a beaucoup qui vont par deux pour un chapitre, avec généralement des choix opposés. Il y en a aussi 2 qui consistent soit à sauver tous les personnages possibles, soit à tous les laisser mourir. En ce qui me concerne, j’en avais sauvé la moitié : dans l’incendie de l’immeuble avec les SDF, je les ai naturellement tous sauvés. Dans le désert avec les Navajos, j’ai reconnu la couverture qui recouvrait l’enfant dans les visions, celui-là même que porte la grand-mère sur ses genoux, je suis donc allé directement la voir et je n’ai pas eu l’opportunité de sauver Paul. La maman de Jodie, j’ai pensé la sauver en la tuant, puisqu’elle était dans le coma depuis des années, je voyais ça comme une libération. Dans la séquence finale, Ryan n’a pas été mis en danger. C’était donc un sur deux, j’étais bon au moins pour ce trophée pour refaire 2 fois le jeu à partir du chapitre des SDF.

Quoiqu’il arrive, je devrai refaire une fois le jeu complètement avec 2 manettes.

Pour le trophée Incontrôlable qui consiste à « tout péter » avec Aiden à certains chapitres, là encore c’était en dent de scie me concernant, je ne l’ai pas fait systématiquement.

J’ai donc refait un run à partir du chapitre Sans abri en prenant soin cette fois de laisser mourir tous les personnages. J’en profitais pour récupérer les collectibles qu’il me manquait et faire lorsque cela était possible d’autres choix, soit pour des trophées soit par curiosité. Je me suis alors aperçu qu’il était bel et bien possible de vivre des scènes de plusieurs façons vraiment différentes. Par exemple, un soir où Jodie veut aller faire la fête dans un bar, j’ai pu la première fois sortir de la base mais en me faisant repérer dans la voiture par le gardien. Dans le bar, j’ai bu et je suis sorti rapidement, les clients ne m’inspirant pas confiance.

La seconde fois, je me suis caché dans le coffre de la voiture pour ne pas me faire repérer, et dans le bar j’ai aguiché les clients jusqu’à avoir des ennuis.

La troisième fois que j’ai refait cette séquence, je me suis faite prendre avant même de quitter la base.

Et il y a plusieurs autres passages qui peuvent se jouer de manières bien différentes, sauf que lorsque l’on joue la première fois et comme les chapitres s’enchainent tout le temps de la même façon, on ne ressent pas cette liberté.

Une fois cette seconde moitié de partie terminée, j’ai refait plusieurs fois le dernier chapitre afin de modifier mes choix.

J’ai ensuite fait le point sur les choix que j’aurai à faire pour ma seconde partie complète, j’en ai déduis les trophées qu’il me manquerait pour certaines scènes et je les ai réalisé avant, histoire d’être débarrassé.

J’ai ensuite refait une partie complète avec 2 manettes. Là encore si cela était possible, j’explorais d’autres possibilités de jeu, c’est ainsi que j’ai bu et fumé à me rendre malade lors de l’anniversaire.

Arrivé au dernier chapitre il ne me manquait plus que de terminer avec tous les personnages vivant et en choisissant l’au-delà. J’ai ainsi obtenu d’un coup 4 trophées, dont 3 or et le platine :

PAR-DELÀ BEYOND: TWO SOULS™ : Obtenir tous les trophées ! (25/10/2013)

Aujourd’hui encore, je ne sais pas quoi penser de Beyond Two Souls. Le jeu est bon, mais pas exempt de défauts ni de longueurs. La réalisation est magnifique, mais la bande son étouffée et le gameplay pas aussi immersif que ne l’était celui d’Heavy Rain.

Sans doute que si l’on a une expérience forte avec la mort d’un proche le jeu nous transporte plus facilement.

J’ai quand même apprécié d’y rejouer en explorant de nouvelles possibilités scénaristiques et je suis maintenant convaincu qu’il y a certaines situations que je n’ai pas vécues.

Malgré tout, je reste sur ma faim et je m’interroge sur ce que peut nous réserver David Cage pour la suite.

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